Pour accomplir pleinement leur cycle de vie (reproduction, croissance), les organismes aquatiques ont besoin de pouvoir migrer sans encombre et en toutes saisons à l’intérieur du réseau hydrographique.
L’aménagement ou l’effacement des ouvrages (seuils, buses, vannages) faisant obstacle à leurs déplacements est donc une nécessité tant pour le maintien des principales espèces dites "migratrices" comme le sont les espèces piscicoles que pour l'équilibre hydro-morpho-sédimentaire de l'écosystème aquatique fluvial.
Une gestion hydrographique de la ressource pour atteindre...
Dans un souci d'harmonisation des échelons nationaux sur une ressource qui est parfois internationale, l'Europe a souhaité que les masses d'eau (souterraines comme superficielles) soient gérées de façon pérennes et durables et que cessent les diverses attaques dont cette ressource vitale peut faire l'objet.
Pour couper court avec les gestions anciennes des cours d'eau, plutôt hydrauliques, mais qui faisaient échos à des besoins spécifiques, plus forcément d'actualité à ce jour, la gestion de l'eau ne peut plus être dissociée et segmentée comme ce fut le cas par le passé. La rivière doit être vue comme un écosystème global et vivant, sans scinder biotopes et biocénoses, qui sont en interactions permanentes. Notre vision de la gestion des cours d'eau doit maintenant être intégrée et pensée à une échelle cohérente, l'échelle hydrographique.
La bonne gestion des cours d'eau et des milieux aquatiques dans leur ensemble, dépendra de cette prise en considération élargie.
... le bon état écologique.
L'atteinte du bon état écologique tel que prôné par la directive cadre sur l'eau (dite DCE du 23/10/2000) ne pourra être réelle que si la conscience collective prend acte de ce changement de réflexion que l'on se doit d'avoir pour gérer des milieux vivants.
La notion de "continuité écologique", reprise dans la circulaire DCE n°2005/12 relative à la définition du « bon état », est assurée par :
- le rétablissement des possibilités de circulation (montaison et dévalaison) des organismes aquatiques à des échelles spatiales compatibles avec leur cycle de développement et de survie durable dans l'écosystème ;
- le rétablissement des flux de sédiments nécessaires au maintien ou au recouvrement des conditions d'habitat des communautés correspondant au bon état.
Ouvrage bloquant les transits sédimentaire et biologique
La France s'est engagée à atteindre le bon état écologique en 2015 pour 2/3 des eaux douces de surface. La non-atteinte de ce bon état n'est pas seulement imputable à une baisse de la qualité physico-chimique des cours d'eau mais aussi, et dans une bonne proportion, à une faible qualité physique des milieux aquatiques.
Faible qualité physique des milieux conséquente à une gestion passée parfois excessive et qui n'a plus forcément sa place à notre époque d'autant que les nombreux usages qui étaient couplés à ces utilisations n'existent plus sur la plupart des ouvrages construits au fil de l'eau.
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